A energia nuclear não é limpa, não é segura e não é barata. Hoje no Le Monde:

Un accident nucléaire du type de Fukushima coûterait à la France 430 milliards d’euros

Vue de la centrale accidentée de Fukushima.

Un accident nucléaire majeur similaire à celui survenu en mars 2011 au Japon pourrait coûter à la France 430 milliards d’euros au total. C’est la conclusion d’une étude présentée, mercredi 6 février, par l’Institut national de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) au centre de recherche nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône).

Cette étude est publiée à l’approche du deuxième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, lors de laquelle la fusion du cœur de deux réacteurs a notamment entraîné des rejets massifs de substances radioactives dans l’environnement et fait quelque 80 000 “réfugiés radiologiques”.

L’IRSN a donc étudié les scénarios impliquant une telle fusion du cœur sur un réacteur français de 900 mégawatts pour tenter d’évaluer le coût d’un accident, non seulement lié à la contamination de l’environnement, mais aussi les coûts humains et indirects pour l’économie.

“COÛT BIEN SUPÉRIEUR À AZF OU À L”ERIKA'”

Selon l’économiste Patrick Momal, qui travaille sur ces questions à l’IRSN depuis 2005, un “accident grave”, dont les rejets seraient contrôlés et limités aux seuls abords d’une centrale française, représenterait 120 milliards d’euros, soit environ 6 % du PIB annuel ou trois à six ans de croissance.

“Il s’agit d’un coût bien supérieur à des grandes catastrophes industrielles que nous avons déjà connues, comme l’explosion de l’usine AZF ou la marée noire de l’Erika [évalués autour de 2 milliards d’euros]”, a souligné M. Momal.

Selon ses calculs, le surcoût entraîné par un tel accident nucléaire pour le parc électrique français (arrêt éventuel de centrales nucléaires, recours à d’autres énergies, importations d’électricité, etc.) et les “effets d’image” négatifs pour les exportations agricoles ou le tourisme dépasseraient de loin les seuls coûts liés à la contamination, 80 % du total environ. “Une catastrophe d’ampleur nationale mais gérable”, avec au plus 10 000 “réfugiés radiologiques”, résume M. Momal.

“VRAIE CATASTROPHE RADIOLOGIQUE”

Une catastrophe majeure d’ampleur similaire à celle de Fukushima aurait des conséquences beaucoup plus lourdes pour l’Hexagone, entraînant cette fois “une vraie catastrophe radiologique” qui nécessiterait à elle seule 110 milliards d’euros pour traiter les territoires contaminés.

Cet accident ferait environ 100 000 réfugiés, avec des effets psychologiques significatifs, des “quantités de déchets agricoles considérables” et de l’ordre de quatre départements français plus ou moins contaminés à gérer pour les pouvoirs publics, sans compter les pays voisins, vraisemblablement touchés eux aussi, selon l’étude. Le “coût d’image” (exportations perdues, mêmes pour des produits sains, chute du tourisme, etc.) se chiffrerait à quelque 160 milliards d’euros dans ce scénario.

“Il faut toutefois garder présent à l’esprit que les probabilités que de tels accidents se réalisent restent en réalité très faibles”, insiste Patrick Momal, pour qui ces scénarios doivent surtout servir à bien dimensionner la prévention par rapport aux risques réels. Un tel accident serait de fait inédit en France : le plus grave, intervenu à Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en 1980, a été classé au niveau 4.